Pucón, entre lacs et volcans

Récit de notre roadtrip en Amérique du Sud | Tour du monde

Ça y est, nous quittons enfin Santiago pour entamer notre descente vers la Patagonie! Après deux brefs arrêts en cours de route, c’est à Pucón que nous nous posons quelques jours. Et après avoir parcouru un peu moins de 1000 km, on est bien content d’arriver dans cette charmante station balnéaire lacustre.

Sur la route de Pucón : les Parcs Radal Siete Tazas et Conguillío

En direction du sud, nous nous arrêtons un court instant dans la région du Maule, et plus particulièrement au Parc National Radal Siete Tazas. Ce site mérite un détour, ne fût ce que pour contempler ces fameuses 7 chutes d’eau du rio Claro de Molina, qui ont fini par créer autant de piscines naturelles. Un cadre magnifique où nous aurions pu passer la nuit si nous avions pensé à prendre assez de cash avec nous. Erreur de débutant! Et, le parc étant gardé, impossible pour nous de tenter le camping sauvage. Tant pis pour cette fois.

Arrivé dans la région d’Araucanie, on se dirige vers le Parc Conguillío, désireux de se dégourdir un peu les jambes. Le parc est connu pour sa forêt millénaire d’araucarias et le volcan Llaima, l’un des plus actifs du Chili.  Alors que nous étions chauffés par les rayons du soleil aux Siete Tazas, le temps a changé au fur et à mesure de notre descente. A la mi-novembre, le ciel est couvert et la neige recouvre encore une partie du Parc Conguillío. Même si nous y pénétrons et y passons la nuit, nous devrons rebrousser chemin le lendemain. Voilà ce qui arrive à vouloir descendre trop vite en Patagonie pour éviter un maximum de touristes.

Pucón, un lieu de vacances prisé

Pucón est une région très prisée des chiliens, notamment durant les mois de janvier et février puisqu’ils sont en congé. A la mi-novembre, nous avons la chance de découvrir la station dans sa version calme. Certes, il y a des touristes, européens pour la plupart, mais cela n’altère pas la quiétude du lieu. Les gens se promènent tranquillement, reluquent tantôt les vitrines de magasins outdoors, tantôt les terrasses de café ensoleillées.

Après quelques jours de camping sauvage, on décide de profiter du confort d’une auberge. Enfin, en partie puisque nous souhaitons dormir dans Paco tout en bénéficiant d’un parking sécurisé. Et c’est dans la cour intérieure du Chili Kiwi Hostel qu’on trouve notre bonheur. L’établissement affiche complet et nous ne sommes pas les seuls à occuper le parking.  A l’intérieur, c’est rempli de backpackers, ça parle anglais dans tous les coins et l’ambiance est assez sympa. Cette ambiance même qui te fait ranger ton guide et tes cartes routières pour goûter la bière de la maison en échangeant tes expériences avec les autres voyageurs.

L’ascension du volcan Villarica, l’activité phare (et onéreuse) de Pucón

On aurait pu vous parler de l’ascension du Volcan Villarica, l’un des incontournables de la ville. Une randonnée de plusieurs heures où vous finissez crampons au pied, piolet en main pour observer un cratère fumant à 2847m d’altitude. Le tout pimenté par une descente en luge. Hyper tentant, non? Oui, mais exorbitant en termes de prix pour nous (90.000$CLP/pers, soit environ 120€). Par ailleurs, il n’y a aucune garantie d’atteindre le sommet ni même de voir quelque chose une fois en haut car les conditions climatiques peuvent vite changer. Sachant cela et que la route vers la Patagonie, et la Patagonie en elle-même risquent de nous coûter un bras, on renonce à cette activité.

El sanctuario El Cañi de Pucón: notre premier trek en Amérique du Sud

Quoi? Vous n’avez pas fait le Villarica?! Non, on a opté pour une activité moins onéreuse qui valait vraiment le coup: la réserve El Cañi ! Évidemment, on en entend moins parler, mais pourtant la vue de là haut est tout simplement dingue. Mais attention, elle se mérite!

Une ascension éprouvante…

Après 1 km parcouru sur une route en gravier peu attractive, nous atteignons la véritable entrée de la réserve. Le droit d’entrée acquitté (4.000$CLP/personne, soit environ 5,5€), le gardien nous fait signer un registre et nous donne une carte topographique du lieu (voir encadré). Au programme, une randonnée de 17 km aller/retour et 1300 m de dénivelé positif, dont 1000 sur les premiers 6 km. A partir de la Laguna Las Totoras, la difficulté s’atténue jusqu’à la Laguna Negra, soit pendant 1,6 km. La dernière partie est très raide et a sans doute été la plus éprouvante car elle était recouverte de neige. Heureusement, nous avions investi dans des bâtons de marche la veille.

…mais tellement gratifiante!

Après près de 4 heures (avec pause lunch et photo), nous arrivons enfin au sommet. Du mirador Melidekin, nous restons bouche bée devant ce panorama qui s’offre à nous. D’ici, nous pouvons notamment apercevoir Pucón, les volcans Villarica et Lanin et les lacs Caburgua et Villarica, ainsi que toute une vallée remplie d’araucarias dont la conservation est le principal objectif de la réserve. Pour l’anecdote, ce conifère serait aussi connu sous le nom de « désespoir des singes », en raison de ses feuilles piquantes empêchant tout animal d’y grimper.

Une descente parfois risquée en cas de neige

Après un moment, nos corps frissonnants nous poussent à descendre. Mais, tout de suite, on rigole moins. La neige ayant recouvert les balises du trek, chacun s’en remet à son sens de l’orientation ou suit les traces de ses prédécesseurs. En choisissant cette dernière option, nous atteignons un flanc assez abrupte qui ne me rappelle rien. Ma boussole interne et ma mémoire me faisant défaut, j’emboîte le pas aux autres devant moi et entame la descente. Je ne suis vraiment pas à l’aise dans l’exercice et la glissage du gars devant moi suffit à me faire rebrousser chemin. Si Thibault ne lui sautait pas dessus pour stopper sa chute, il se prenait un arbre à toute vitesse. Finalement, je rejoindrai le groupe un peu plus tard par un autre chemin. Pour réaliser ce trek, on a mis 8 heures en raison des nombreuses pauses et de la neige qui nous a parfois freiné. Mais les plus aguerris le feront sans doute en moins de temps.

Bye Bye Pucón!

Avant de quitter la jolie ville qu’est Pucón, nous décidons de passer la nuit au pied du volcan Villarica, encore actif. Tout en prenant l’apéro, nous pouvons admirer la fumée qui s’échappe lentement du cratère. Mais ce n’est qu’une fois la nuit tombée que nous assistons à un joli ballet de nuages orangés. Et encore une fois, si on n’avait pas Paco, on n’aurait pas eu droit à ce beau spectacle privé.

 

Infos pratiques

Combien coûte l’entrée dans le Parc Radal Siete Tazas?
L’entrée du parc revient à 2.500$CLP/pers (environ 4€) et la balade peut se faire en moins de deux heures
.

Où dormir à Pucón?
L’auberge Chili Kiwi Hostel est super agréable et propose différents types de logements (dortoirs ou chambres doubles en cabane). Nous ne connaissons pas le prix des logements, mais pour dormir sur le parking, nous avons payé 7.000$CLP/pers/nuit (environ 9,5€) avec accès libre aux communs. Le petit-déj n’est, en revanche, pas compris. 

Combien coûte l’ascension du volcan Villarica?
Si nos souvenirs sont bons, l’auberge dans laquelle nous sommes restés proposait cette activité pour 90.000$CLP/pers (environ 120€).

Combien coûte le droit d’entrée dans la réserve El Cani et quand le faire?
Pour réaliser le trek dans la réserve El Cani, vous devrez payer 4.000$CLP/personne (environ 5,5€). En novembre, il se peut que la neige recouvre encore (partiellement) le chemin. Renseignez-vous donc avant de partir et prévoyez un matériel adéquat (surtout une bonne veste car une fois au sommet, ça se rafraîchit). Si les conditions climatiques sont favorables, décembre devrait vous permettre d’éviter la neige. Mais, encore une fois, informez-vous. Sachez également qu’au long du trek, il existe des points d’eau pour vous ravitailler.

Trek El Cañí

Où manger les meilleures empanadas de Pucón?
Si vous aimez les empanadas frites, courez chez Puras Pavadas où vous découvrirez tout un choix alléchant! Comptez 2.000$CLP/pièce (environ 3€).

2 Commentaires

  1. Commentaire par Laurie

    Laurie Répodnre 21 février 2018 at 9 h 30 min

    Génial!! Superbes photos et très beau récit! Vous êtes prêt pour sortir votre propre guide ?

  2. Commentaire par Marianne Gilleman

    Marianne Gilleman Répodnre 21 février 2018 at 11 h 46 min

    Quelle plume!!! Photos féériques, le rêve en live.

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