Petite frayeur à Bangkok

Récit de notre voyage en Asie du Sud-Est | Tour du monde

Quand on voyage sans plan, il nous faut penser à beaucoup de choses en même temps. Un « petit » manque d’attention peut très vite se transformer en calvaire. Je vous raconte ici comment mon inattention et la succession de petits évènements malchanceux ont failli me coûter cher en arrivant à Bangkok.

Départ de Phnom Penh vers Bangkok mais pas à la bonne date

Tout commence à l’aéroport de Phnom Penh pour l’enregistrement des bagages. L’hôtesse encode notre numéro de réservation et fait la grimace. Puis elle essaye avec nos noms…Elle grimace à nouveau: « ohh, not good, not good ». En regardant de plus près, je vois la date du 14 septembre alors que nous sommes… le 14 août. Complètement en dehors du temps, j’étais persuadé d’être en septembre. On réserve tellement de choses tous les jours qu’on le fait presque par automatisme. Finalement, cette première inattention se chiffre à 150 USD tout de même. Mais on relativise. Après tout, ça aurait pu être pire et cela devait bien arriver un jour.

Arrivée à Bangkok mais pas au bon endroit

Arrivés à Bangkok vers 1h du matin, nous sommes exténués par le voyage en bus de la veille. Tels des zombies, nous passons les contrôles, récupérons les bagages, achetons une carte SIM et nous nous apprêtons à marcher vers notre auberge. Sachant que mon frère et un ami nous rejoindraient le lendemain matin, j’avais pris soin de repérer une auberge juste à côté de l’aéroport. Sauf qu’en tapant l’adresse de l’auberge, je me rends compte qu’elle est à plus d’une heure de route… Bah oui, en plus de me tromper de mois, je n’ai pas fait attention au fait qu’il y avait deux aéroports à Bangkok. Mais ce n’est pas grave, nous trouvons une auberge dans le centre-ville. Il ne reste plus qu’à prendre un taxi.

Un taxi un peu limite

A l’accueil des taxis, on nous en attribue un qui n’est pas super avenant. Dès les premiers km, je n’aime pas du tout sa conduite. Je regarde dans le rétroviseur. Le gars s’endort. Mais vraiment! Il roule vite comme si ça pouvait le tenir éveillé. Je l’interpelle en le tapant sur l’épaule et je veux lui parler pour le maintenir en éveil. Le chauffeur ne parle pas anglais. Je hausse la voix, rien n’y fait. Il semble percevoir ma voix comme une jolie berceuse et multiplie les mini pertes de conscience. Il reste 20 km. On veut s’arrêter. Mais on est sur une autoroute où il n’y a pas de bande d’arrêt d’urgence et les gens roulent super vite. J’essaie de le distraire en lui montrant la route, en le tapotant, en parlant fort et en espérant que l’autoroute se termine bientôt. A 500 m de notre destination finale, l’autoroute se termine et je lui dis de stopper tout de suite. A peine arrêtés, je ne lui laisse pas le temps de comprendre, je sors et dis à Audrey d’en faire de même.

Une surprise à l’auberge

Nous marchons en direction de l’auberge et je garde mon esprit en alerte. Il est 2h du matin, les rues ne sont pas rassurantes et nous ne savons pas où nous mettons les pieds. On arrive crevés et tendus à notre auberge où le réceptionniste nous ouvre. Ouf, enfin arrivés. « Vous avez une réservation ». « Oui! ». « Passeports s’il vous plait »… Je me liquéfie. Il me manque mon petit sac à dos. Je sens la panique monter car j’ai beaucoup de mal à réfléchir et je focalise davantage sur mon état de détresse plutôt que de penser à d’éventuelles solutions. Après 2 bonnes minutes d’atterrissage sur la planète Réalité, nous prenons la décision de foncer à l’aéroport pour éventuellement intercepter les taxis. Le conducteur ne s’est probablement même pas rendu compte qu’il avait un sac à l’arrière de son taxi. Habituellement, je garde mon sac attaché à l’avant. Mais vu la conduite du chauffeur, je me souviens avoir détaché ma ceinture et enlevé mon sac pour me rapprocher de lui, le secouer et le tenir éveillé.

Retour à l’aéroport en taxi

Un taxi voit notre détresse et décide donc de se rincer au passage pour nous ramener à l’aéroport. C’est de bonne guerre. Nous n’avons pas le temps de négocier. Dans la voiture, je me revois en Équateur où j’avais été volé pendant un trajet dans un bus de nuit, perdant ainsi, une bonne partie de mes souvenirs. Je pense aussi à nos visiteurs de Belgique qui arrivent le lendemain à 8h et à qui je devrai peut-être annoncer que je suis bloqué à Bangkok dans l’attente d’un nouveau passeport. J’imagine déjà toutes les discussions qu’on pourrait avoir pour choisir la solution la moins pire. Audrey est à la recherche du ticket qu’on avait reçu à la réception des taxis. C’est bien la première fois qu’on a un ticket pour prendre un taxi. Dans notre malchance, peut-être qu’il s’agit là d’une grande chance. On retrouve le ticket sur lequel je vois des indications, la possibilité d’envoyer une plainte,…etc. Je reprends espoir et me dis qu’il est improbable que ce ticket ne puisse pas identifier notre chauffeur s’il est possible de déposer une plainte.

La réceptionniste nous donne de l’espoir

Arrivés à l’aéroport, on s’est mis d’accord. Audrey arpente les taxis roses et je m’occupe de la réception. La réceptionniste passe des coups de fils. Je comprends par la suite qu’elle contacte le taxi directement. Alléluia ! Ne crions pas victoire tout de suite, personne ne répond. C’est sûr qu’il dort ou bien, il s’est crashé quelque part. J’imagine déjà voir des photos de notre taxi dans les journaux demain. Je sors de ma rêverie lorsque la réceptionniste obtient une personne à l’autre bout du fil. Je suis rivé sur la conversation comme si je comprenais tout ce qu’il se disait, alors que bien sûr, je ne touche pas une quille. « Le chauffeur revient ici » me dit ensuite la réceptionniste.

Non, Bangkok ne nous a finalement pas pris

20 minutes après, je reconnais la mine patibulaire de notre chauffeur qui peine à garer son taxi malgré l’espace disponible pour un convoi extraordinaire. Audrey n’attend pas la fin de la manœuvre pour ouvrir la porte et prendre mon précieux sac vert. Ahhh, je n’ai jamais été aussi content de le voir celui là. Tout y est. On peut rentrer à l’auberge avec un autre taxi, en vérifiant bien la tête du chauffeur cette fois.

A 4h30, nous sommes au lit. Les autres atterrissent le lendemain à 8h30. Entre le stress, le soulagement et l’excitation du lendemain, on ne peut pas vraiment dire que je passerai une bonne nuit. Et dire qu’à Phnom Penh, je disais que la situation aurait pu être pire. Même si je m’en sors bien, je tâcherai de la fermer la prochaine fois 😉

 

2 Commentaires

  1. Commentaire par Duduuuuu

    Duduuuuu Répodnre 29 août 2017 at 12 h 36 min

    Aaaaaah mais l’angoisse ahah!
    Contente pour vous que ça se soit bien fini!! Bon kiff les cocos

  2. Commentaire par Pitch

    Pitch Répodnre 29 août 2017 at 16 h 36 min

    punaize c’est mieux qu’un bon polar ton hisoire !!! j’avais sorti les popcorn !!!

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