L’inconfort du voyage

23 février 2017

Depuis que nous sommes partis, il y a quasiment 7 mois maintenant, on a souvent entendu des phrases comme «vous avez de la chance» ou «vous vendez du rêve». Chaque jour, on s’émerveille devant les différents paysages et espèces que nous croisons. Et à aucun moment, on ne regrette d’avoir sauté le pas du «grand voyage», malgré l’inconfort qui l’accompagne. 

Partir à l’aventure, c’est inviter la liberté dans son quotidien, c’est prendre le temps de vivre chaque instant comme si c’était le dernier, c’est penser au jour le jour. Mais est-ce vivre avec plus de légèreté, d’insouciance?

Chaque jour, nous devons chercher un endroit où dormir en espérant que le temps soit assez clément pour que l’on puisse cuisiner à l’arrière de notre van. Nous devons fréquemment nous contenter d’une toilette sommaire, inconfortable. L’ évier d’une aire de repos à la propreté hasardeuse, la bouteille d’eau minérale que l’on gaspille..Parfois, on tombe sur des douches publiques, avec ou sans eau chaude, privées, collectives ou parfois même en pleine rue. Mais, avec le temps, on apprend à se défaire de sa pudeur, trop heureux de profiter du confort d’une douche.

Nous n’avons pas de salaire à chaque fin de mois, et devons constamment faire attention. La privation d’un morceau de viande, d’un bon fromage, de certains fruits et légumes, ou encore d’une bonne bière est source de frustration. Nous continuons la route dans l’attente de trouver un travail, et avançons à l’aveuglette. Même quand nous décrochons un job, nous n’avons jamais de certitudes. Ici, pas de CDD ou CDI, non, nous sommes «casual» et pouvons prendre la porte à tout moment.

Nous avons laissé derrière nous le stress d’une routine «metro boulot dodo» pour celui de l’inconnu. Et surtout, la question de notre avenir, de notre retour n’est jamais très loin. Ce voyage nous aura-t-il changé au point de revoir totalement nos valeurs, notre manière de vivre? Serons-nous devenus étrangers à nos proches, notre ville? Aurons-nous envie de reprendre nos carrières professionnelles là où nous les avons laissées? Vous voyez, le voyage a aussi sa partie d’inconfort, mais nous l’acceptons car le jeu en vaut tellement la chandelle.

Celui qui attend que tout danger soit écarté pour mettre les voiles ne prendra jamais la mer.
Thomas Fuller

1 Commentaires

  1. Commentaire par Marianne Gilleman

    Marianne Gilleman Répodnre 23 février 2017 at 10 h 15 min

    Courage! C’est une expérience unique| Les questions existentielles font inévitablement partie de celle-ci.
    Belle plume !

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