L’ascension du Mont Rinjani à Lombok, une épreuve difficile

30 août 2016

Lorsque l’on évoque Lombok (= piment, pour l’anecdote), très vite on pense à l’ascension du mont Rinjani. Culminant à 3727 mètres d’altitude, il est le deuxième volcan le plus haut d’Indonésie, après le Kerinci (Sumatra, 3805 mètres). Défi lancé bien avant le départ, nous irons jusqu’au sommet ! Mais sommes-nous seulement capables de gravir 2700 mètres de dénivelé en très peu de temps alors que nous ne sommes pas entrainés ? Histoire de voir à quoi on s’attaquait, on a consulté de nombreux blogs. Résultat ? Tous les avis convergent, c’est très dur.

Arrivée à Senaru, veille du grand départ

Arrivés à la Rinjani Gusthouse, nous rencontrons différentes personnes qui ont également décidé de tenter l’expédition. L’excitation monte et s’accompagne également d’un peu d’appréhension. Depuis la terrasse, on voit au loin le sommet du volcan dépourvu de nuages. Ce soir-là, nous préparons scrupuleusement nos sacs pour ne prendre que le nécessaire, ce qui comprend bien sûr tout l’attirail photo. Comme toujours, notre Audrey Poppins arrive à tout caser dans son petit sac d’appoint. Pour ma part, j’opte pour mon sac principal Deuter (50l+10l), certes à moitié vide mais super confortable sur de longues durées.

En route pour Sembalun, point de départ de l’ascension

Le lendemain, debout à 6h30. On ne se sent pas totalement en confiance. Les autres non plus. Mais bon, rien ne sert de se mettre la pression. Si ça ne va pas, on redescend. C’est ce qu’on se dit pour se détendre mais au fond, on veut vraiment aller au sommet et on devine la même envie chez l’autre rien qu’au regard.

Une fois à Sembalun, on fait connaissance avec le groupe. Au total, nous sommes dix : deux français, une canadienne, deux espagnols, deux italiens, un chinois et nous deux.

Rinjani, nous voilà!

9.33. On commence la grimpette à 1.000 mètres d’altitude. La pente est douce mais le rythme est soutenu. Les espagnols suivent le guide de près et très vite des écarts se créent entre tout le monde. Mais on préfère aller à notre rythme. De toute façon, les différentes pauses permettent au groupe de se reformer. Pas vraiment d’inquiétude donc, d’autant plus que le chemin est tout tracé. Et puis, il y a toujours le gars chinois derrière. Ah, ce Chinois ! Très sympa ! Mais pas du tout à l’aise dans l’exercice. On marche 30 minutes et on l’attend…30 minutes.

« L’autre jour, j’ai fait l’ascension avec 10 chinois. Du coup je parle chinois maintenant. Je connais mànmàn. Ca veut dire doucement. Ils le disent tout le temps. Et pour moi c’est facile, c’est mon nom »

Man, notre guide.

La fatigue commence à pointer le bout de son nez…

Tout au long de la journée, l’ambiance est très bonne , on s’encourage mutuellement et un réel partage se crée. Même le guide lance des petites boutades et a le sourire facile. Nous arrivons au 5ème stop. Là, on rigole moins car nous avons 800 mètres de dénivelé positif dans les jambes et la fatigue commence à se sentir. Le guide, toujours avec le sourire, nous explique que le plus dur commence maintenant. Il nous invite à continuer seuls jusqu’au campement pour qu’il puisse retrouver le Chinois, resté bien derrière. « Attention » dit-il, « grimpez doucement, pas à pas ». Pas super rassurant sachant que l’on va marcher à côté d’un cratère. On voit des gens descendre avec des mines décomposées. Ils sont crades. Ils se sont roulés sur le sol ou quoi ?! Certains nous lancent un « bonne chance » sans que l’on puisse dire si c’est ironique ou non.

…et ce n’est que le début

Le guide n’a pas menti. C’est raide, glissant et sablonneux par endroit. Parfois, on s’accroche à ce que l’on peut pour grimper. Heureusement pour Audrey, ce n’est pas tellement vertigineux et la brume épaisse limite la hauteur à certains endroits du parcours, ce qui l’encourage à monter. Mais pourtant on s’arrête. Souvent. Trop souvent. Je vois qu’Audrey a du mal et je la comprends car je sens moi-même mon cœur battre dans toutes les parties de mon corps. Ouuh, je sens qu’elle va abandonner, faire demi-tour. Mais pour aller où ? Elle n’avance plus, je la pousse, je la tire, elle a la tremblote. Elle a faim, dit-elle. Mais comment peut-elle avoir faim ? Elle veut du sucre, on n’en a pas. Je lui dis de boire pour bien s’hydrater, que tout se passe dans la tête. Mais, elle me fait réfléchir. Ce que je rêve d’être en Australie pour m’arrêter au Burger King et m’en mettre plein la p…Non ! Arrête de pAnser (ok, c’est nul, je sors !) et concentre toi sur la montée. Et là, boum, à 2.400 mètres un gars vend des biscuits et des boissons sucrées, ce qui fait le plus grand bonheur d’Audrey.

Et ça se raidit de plus sec!

Les nuages se dissipent, la pointe du Rinjani apparaît. Audrey est reboostée, on y va. Oui, sauf que moi, j’ai un peu plus de mal. Il reste 350 mètres de dénivelé et c’est la partie la plus raide. C’est long, très long. Et d’autant plus dur maintenant que les nuages ont laissé place à ce soleil brulant. En montant, l’air se rafraîchit et l’oxygène se raréfie quelque peu. Faut dire qu’en Belgique, on n’est pas gâtés pour s’entrainer dans ces conditions. Le sol est très poussiéreux et ses fines particules s’envolent au moindre pas pour venir s’engouffrer dans nos bouche, nez et yeux. Voilà pourquoi les gens redescendent si sales. Mais, qu’est-ce qui nous a pris de venir ici alors qu’on était si bien posés aux Iles Gili ?

Remontée, Audrey me motive à son tour. Je serai toujours impressionné de la manière dont elle rebondit sur les évènements. Une heure avant, je croyais qu’on allait devoir redescendre, maintenant c’est elle qui me tire. Heureusement, le bivouac n’est plus très loin.

La crête … enfin!

A 16h45, après 1.743 mètres de dénivelé positifs et quelques litres d’eau en moins, nous arrivons enfin sur la crête du cratère. La vue est splendide. D’un côté, on voit la caldeira Segara Anak avec son lac et son cône volcanique actif, le Barujari. De l’autre, la mer se dessine au loin et le sommet du Rinjani s’impose à nous.  On croise les espagnols, qui nous félicitent et Audrey se met à rire. Ses nerfs se relâchent. Quelle sensation de dingue !

Avec ces 5°, on est plutôt contents d’enfiler nos couches en mérino. Les tentes sont déjà montées et pendant que les porteurs préparent le souper, on en profite pour faire des photos. Nous sommes tous fiers d’être déjà arrivés jusque-là. Un petit panorama à 360°, un bon repas, une chouette camaraderie, tous ces facteurs sont de bon augure pour la suite. En plus, les douleurs aux jambes se sont presque estompées.  Aller hop, à 20h au dodo car à 2.00, c’est l’ascension finale.

14 Commentaires

  1. Commentaire par anne-Michèle

    anne-Michèle Répodnre 30 août 2016 at 10 h 14 min

    Wahooou! splendide, magnifique…..après l’effort, le réconfort au paradis! pas de doute, ça valait la peine de se faire violence! Que c’est beau de lire la complicité, l’entraide et malgré tout l’humour en plein effort! trop bon l’anecdocte burger king….ça m’a fait bien rire au point que tout le monde au bureau l’a entendu…..Bon burger!

  2. Commentaire par Dassonville Amélie

    Dassonville Amélie Répodnre 30 août 2016 at 12 h 04 min

    Super les amis comme quoi l effort est toujours récompenser …c est magnifique !! Bonne continuation bisous à vous deux Ame et ju

  3. Commentaire par Debehogne Jonathan

    Debehogne Jonathan Répodnre 30 août 2016 at 15 h 16 min

    La suite, la suite, la suite…!!! 🙂

  4. Commentaire par Anaïs Thé

    Anaïs Thé Répodnre 30 août 2016 at 15 h 32 min

    Bravo à vous deux! J’attends aussi la suite avec impatience!

  5. Commentaire par Debehogne Michaël

    Debehogne Michaël Répodnre 30 août 2016 at 21 h 16 min

    Le paradis est bien sur terre! Et seul le dépassement de soi permet de le savourer pleinement ! Ah que je vous envie !!! Grosses bètches.

  6. Commentaire par Pitch

    Pitch Répodnre 31 août 2016 at 9 h 45 min

    J’ai entendu pas mal d’échos sur la difficulté du bazar ! Congrats !

  7. Commentaire par Gabriele

    Gabriele Répodnre 31 août 2016 at 12 h 41 min

    Vous êtes beaux à voir et à lire… vivez au maximum …

  8. Commentaire par Marianne Gilleman

    Marianne Gilleman Répodnre 31 août 2016 at 20 h 37 min

    Ouah,quelle prouesse en osmose absolue!!! Belle plume Thibault, on le vit en live. Bises à toi et à Audrey pompons….

    • Commentaire par Thibault

      Thibault 31 août 2016 at 23 h 51 min

      Le mérite ne me revient pas entièrement. On voulait tous les deux parler du Rinjani. Du coup j’ai principalement écrit les idées et Audrey a ensuite mis sa « touch » 😉

  9. Commentaire par Emilie Heuschen

    Emilie Heuschen Répodnre 1 septembre 2016 at 8 h 48 min

    Génial !!! Continuez les gars, c’est un plaisir de lire vos aventures !

  10. Commentaire par Bodson Maxime

    Bodson Maxime Répodnre 4 septembre 2016 at 19 h 44 min

    Magnifique vite la suite?

  11. Commentaire par Mikel

    Mikel Répodnre 9 septembre 2016 at 14 h 22 min

    Un bon souvenir !!!

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