La boucle de Thakhek à moto pendant la mousson

Récit de notre voyage en Asie du Sud-Est | Tour du monde

La boucle de Thakhek fait partie, avec la boucle des Bolovens, des deux boucles incontournables au Laos. Moins touristique par rapport à sa grande soeur, la boucle de Thakhek s’est bien rattrapée ces dernières années grâce à l’amélioration de la route. On choisit cette boucle d’après les différents témoignages positifs que nous en avons. Alors, qu’en a-t-on pensé?

A la gare des bus de Thakhek, nous prenons un tuktuk pour arriver au Thakhek Travel Lodge (100.000 Kips/nuit – 11€). Connu par la plupart des backpackers, on y trouve une tonne d’informations sur la « loop » dans un livre d’or et on peut y louer des scooters sur place (70.000 Kips/jour – 8€). Nous décidons de faire la boucle en 4 jours et établissons l’itinéraire. Seule ombre au tableau: la météo, complètement incertaine avec un ciel beaucoup plus gris que bleu. Et oui, nous sommes en juillet pendant les moussons, il fallait s’y attendre. On hésite un instant à louer une voiture mais nous décidons finalement de tenter le coup, armés de nos capes bleues de super-héros.

 

Le lendemain matin, nous attendons que la pluie cesse un instant pour se lancer. Psychologiquement, ça aide de se dire que nous partons au sec. Une petite éclaircie et notre périple peut commencer. A cet instant, nous ne savons pas si les routes sont praticables ni même si les attractions le long de la route ne sont pas inondées. Certaines personnes rencontrées la veille n’ont fait qu’une cinquantaine de km et sont revenues ensuite en disant que tout était fermé. Selon nous, cela ne veut rien dire. Peut-être que les attractions plus éloignées sont ouvertes? Nous prenons un risque, nous le savons, mais nous avons le temps. Même si cette boucle est un échec, nous n’avons rien prévu d’autre pour la remplacer. Nous n’avons donc rien à perdre à essayer.

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Casque, gopro et cape de superman

JOUR 1: Thakhek – Thalang (environ 100 km)

L’une de mes inquiétudes avant de démarrer était que les routes soient vraiment mauvaises, m’obligeant à ne voir que le guidon au détriment des paysages autour. Au fil des premiers km, je vois un bitume presque digne de la Belgique (on a quand même de bonnes routes chez nous vous savez) et mes craintes s’évanouissent peu à peu. On roule lentement et on aperçoit le paysage qui s’escarpe peu à peu. On retrouve des reliefs karstiques semblables à ceux du Vietnam, dans la baie de Lan Ha ou à Ninh Binh mais aussi du Laos à Muang Ngoi. Malgré cela, nous trouvons ce relief plus impressionnant que ceux que nous connaissions jusqu’à présent.

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Xieng Liap Cave

Après une quinzaine de km seulement, nous tombons sur notre premier point d’intérêt: la grotte Xieng Liap. En arrivant, on se fait accoster par des locaux qui nous demandent de l’argent pour la visiter. Normalement gratuite, nous n’avons pas trouvé d’issue suffisamment sécurisée pour la tenter à pied avec la montée des eaux. Nous acceptons de payer 15.000 Kips (1,6 €) chacun pour un petit tour en bateau. La grotte est très sympa mais n’est pas très grande. On en fait vite le tour. Sans être ultra-impressionnés, nous ne sommes pas non plus déçus de notre visite. Nous remercions nos deux jeunes « guides » et nous reprenons la route.

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En route avec nos deux mini-guides

Tham Nang Aen Cave

Quelques km plus loin, nous arrivons à l’attraction majeure de la journée. Un garde se réveille pour nous faire payer un droit d’entrée, nous proposant sans autre choix un ticket bateau de 80.000 Kips (9€) par personne. Nous savions que cette grotte était chère mais ce n’était pas le prix auquel nous nous attendions. Sentant l’arnaque, je refuse de payer ce prix. Il retourne alors à sa cahutte et revient avec un ticket d’entrée « normal » à 30.000 Kips (3,5€). « Grosse filoute ».

 

On reprend la moto quelques centaines de mètres pour arriver en face de la grotte, d’où s’écoule une cascade. Pour ceux qui connaissent, elle me fait penser aux grottes de Han en Belgique. Nous sommes seuls, la grotte, bien colorée, est vraiment belle avec ses stalactites un peu partout, mais un rien kitsch tout de même. Nous nous y promenons pendant 30 minutes avant de ressortir. Comme pour l’entrée, la cascade nous arrose à la sortie, accompagnée cette fois de la pluie. Elle ne m’avait pas manqué celle-là!

 

Arrivée à la Sabaydee Guesthouse à Thalang

La route jusque Thalang est vraiment appréciable. Il n’y a pas trop de circulation, ni de touristes (au moins un avantage en période de mousson) et les paysages se suivent mais ne se ressemblent pas. Des petits villages en bord de route complètent le tableau et nous répondons avec plaisir aux nombreux « Sabaideeeeeee, sabaidee » des enfants nous faisant signe. Arrivés à Thalang, petit village entouré d’eau, nous trouvons rapidement notre auberge. Avant le coucher du soleil, nous profitons d’un dernier rayon pour se promener aux abords de la rivière qui n’ont pas encore été inondés.

 

Sabaydee Guesthouse est l’auberge la plus plébiscitée et recommandée de toutes. Bien que la chambre nous suffisait amplement, nous avons été quelque peu déçus par la nourriture contrairement à ce que beaucoup disaient. Pas de chance pour cette fois.

JOUR 2: Thalang – Na Hin

Nous n’avons pas mis de réveil et nous avons bien fait. En se réveillant, il pleut, encore, comme chaque matin. Après le petit-déjeuner, nous enfourchons la bécane sous la pluie avec un peu moins d’entrain que la veille. Aussi, j’ai sous-estimé la consommation du scooter et il me faut trouver de l’essence. Heureusement, de nombreux locaux ont compris qu’ils pouvaient prendre un peu d’argent aux « loopers » en leur proposant des bouteilles d’essence. Ensuite, nous entamons une partie vallonnée et notre scooter présente quelques anomalies. Depuis le début du tour, il déconne de temps en temps et nous fait avancer très lentement. Avec cette partie montagneuse, nous ne dépassons pas les 15 km/h, toujours sous la pluie. Au moins, le paysage reste très beau ;-).

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Arbres morts dans la rivière

Les points d’arrêt sur cette parcelle sont peu nombreux. En arrivant à Lak Sao, nous bifurquons à gauche. Nous tournons ensuite à droite pour rejoindre les Cool Springs, un endroit où l’on peut se baigner. Étant déjà balayés par la pluie, pourquoi pas plonger carrément dans l’eau! La route vers les Cool Springs est magnifique, peut-être la plus belle de la boucle. Mais les inondations nous empêchent de continuer. Nous avons quand même droit à un bain de buffles plongés dans l’eau jusqu’à la tête et ça, ça valait le détour.

On arrive lessivés (dans tous les sens du terme) à Na Hin dans un guesthouse au nom impossible à retenir: le Xokxaykham Guesthouse. Les chambres sont grandes et le lit est confortable, ce qui a été assez rare pour nous au Laos. Par contre, la douche est froide alors qu’il promettait de l’eau chaude. Au moins, ça raffermit la peau, paraît-il ! Le repas était correct quant à lui, ce qui donne une petite touche positive à cette fin de journée.

JOUR 3: Na Hin – Kong Lor

La route vers Kong Lor est facile à suivre et très belle. Le passage à travers les nombreux villages nous donne un aperçu du quotidien des Laotiens. La pluie fait le bonheur des enfants qui se jettent avec vigueur dans les piscines naturelles au bord de la route.

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L’eau s’installe dans tout le paysage pendant la période de mousson

Au milieu du trajet, la piscine recouvre toute la route. Que fait-on? Nombreux sont ceux qui descendent de leur moto pour traverser « l’étang » nouvellement créé. Mais nous avons de plus petites roues qu’eux et nous n’avons pas envie de noyer le moteur. On attend. Deux autres belges se lancent dans l’expédition sans calcul. L’une d’elle noie son moteur. Je repère des endroits plus profonds que d’autres et pense pouvoir traverser. Poussant le scooter, avec un peu de patience, nous finissons par passer l’obstacle.

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Traversée de l’obstacle à pied

La grotte de Kong Lor

Une demi-heure après ce contretemps, nous arrivons aux grottes de Kong Lor. L’accès est assez cher (129.000 Kips – environ 15€) pour les entrées au parc, le parking et le tour en bateau. Mais nous ne sommes pas arrivés là pour rien et nous acceptons de payer le prix. « Le tour en bateau dure 2h » dit la personne au guichet. 2h avec un bateau à moteur? pour visiter une grotte? je ne m’attendais pas à ça.

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Moins impressionnante de l’extérieur que de l’intérieur

Armés de nos lampes torches, nous suivons notre guide vers notre barque motorisée. L’entrée de la grotte est déjà impressionnante en soi et le débit d’eau qui en sort à cette période nous fait un peu flipper.  A l’intérieur de la grotte, l’eau de pluie s’est frayée un chemin depuis l’extérieur entre les minuscules cavités et nous avons l’impression qu’il pleut à nouveau. Ça y est, nous démarrons, et à bonne allure. Au départ, la grotte est impressionnante par sa largeur. Nous avançons tout droit, dans le noir le plus profond et à une vitesse qui me fait dire que notre tour ne durera pas plus de 20 minutes. Mais nous avançons plus loin, les seuls virages sont ceux nous permettant d’éviter d’être trempés par de plus grosses cascades.

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Encore plus loin, le plafond se dégage et nous arrivons dans un immense dôme où nous ne parvenons même pas à voir le plafond. Je suis réellement impressionné. Je pousse d’ailleurs un cri d’excitation comme si j’étais en train de descendre une montagne russe. La grotte n’a plus de limite! Si dans la Aen Cave, je faisais référence aux grottes de Han, ici je me sens plus comme dans le « voyage au centre de la terre ». Je fantasme sur l’idée qu’il pourrait y avoir un monde caché dans cette grotte.

Toujours plus loin, le bateau s’arrête. Le guide nous dépose pour une petite balade à pied et nous reprendra plus loin. T’es sérieux? Nous sommes seuls, nous n’avons pas croisé un seul bateau, il fait nuit noire et nous avons parcouru déjà 30 minutes en bateau à bonne allure. Instinctivement, cette position est loin d’être rassurante. Il suffit que le gars se barre et on est foutu! Ahah, ce genre de décor peut réellement faire travailler notre imagination, c’est sûr! Nous entamons notre petite marche nocturne et on repère quelques installations de lumière qui ne fonctionnent pas. Je me dis que ces lumières auraient sûrement « gâcher » le coté mystérieux et aventureux de cette visite. 15 minutes plus tard, nous voyons notre guide (ouf, il ne nous a pas abandonnés). Il nous reprend en bateau et nous continuons de serpenter à travers cette interminable grotte.

Après 1h20, nous voyons de nouveau la lumière. Mais nous n’avons traversé que dans un sens et devons rebrousser chemin. Audrey, qui était finalement contente de sortir de cette obscurité oppressante, doit de nouveau se préparer à traverser.

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Pas de photo à l’intérieur. Il faisait trop noir !

Cette grotte est, de loin, la plus impressionnante que nous ayons vue de toute notre vie. Elle fait 7 km de long! Le guide a été également impressionnant dans sa manière d’aborder les virages, armé de sa lampe frontale uniquement. L’espace de 2h, nous nous sentions dans un conte fantastique. Finalement, nous avons bien fait de traverser la route inondée plus tôt dans la journée. Fatigués de tous ces évènements, nous décidons de dormir à Kong Lor.

JOUR 4: Kong Lor – Thakhek

La dernière journée n’a pas eu grand intérêt. Nous avons roulé, roulé, roulé sur cette inteeeeerminable autoroute pour arriver à Thakhek. Évidemment, nous n’avons pas eu de pluie ce jour là! Après ce road trip, il est temps de se reposer. Direction Champassak et les 4000 îles.

 

 

2 Commentaires

  1. Commentaire par Debehogne Michaël

    Debehogne Michaël Répodnre 12 août 2017 at 0 h 15 min

    Waouw !!! Quelle aventure de fou! Génial, génial, génial !!!

  2. Commentaire par Marianne Gilleman

    Marianne Gilleman Répodnre 15 août 2017 at 13 h 20 min

    Inouï ce périple!!! Description par une plume de maître qui me donne des frissons!!!

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